Partager l'article ! Compte rendu de la réunion publique du 18 février 2010: Lieu : la salle des fêtes de la mairie du XIIème arrondissement de Paris. ...
Lieu : la salle des fêtes de la mairie du XIIème arrondissement de Paris.
Effectifs : environ 110 personnes.
Présences : étaient présents des élus du XIIème arrondissement (PS, front de gauche, les verts, le PCF), Michèle Blumenthal, maire du XIIème arrondissement, des habitants du quartier, les syndicats (CGT, FO, SUD, USAP-CGT), des membres du personnel des hôpitaux Trousseau et Saint-Antoine, des membres d'associations diverses de lutte pour le maintien des institutions publiques.
Modérateur : La séance a été présidée par Régine Linard (secrétaire générale de la CGT de l'hôpital Saint-Antoine).
La table ronde était composée de Mme Linard, du Pr. Milliez (chef du pôle de gynécologie obstétrique endocrinologie de l'hôpital Saint-Antoine), du Pr. Albert Bensman (néphrologue pédiatre de l'hôpital Trousseau), de Mme Anne Bonini (sage-femme à la maternité Saint-Antoine), de Mme Catherine Dauvergne (secrétaire de section de FO à Saint-Antoine) et de M. Guy Gossec (secrétaire de section de SUD à Saint-Antoine).
Le débat s'est déroulé par une prise de parole successive de différents intervenants :
Régine Linard a rappelé que nous nous battons maintenant depuis juillet 2009 pour le maintien de la maternité de l'hôpital Saint-Antoine. En effet, les autorités ont décidé de morceler cette maternité en la répartissant sur les maternités de Trousseau, Tenon et Port-Royal. Or la maternité Saint-Antoine est vivante et fonctionne bien, que ce soit en terme de sécurité comme en terme de rentabilité. Aujourd'hui l'hôpital Trousseau est également menacé de fermeture.
Le Pr. Jacques Milliez a rappelé que les projets de restructuration proposés par les autorités sont alarmants. Ils semblent se faire dans l'improvisation et la précipitation. Qu'est-ce qui, hormis des réductions d'emplois, pourrait justifier en terme d'économie de gestion, la fermeture de ces deux structures de qualité ? Par ailleurs aucun projet cohérent ne nous a été présenté. Que proposera-t-on au personnel ? Aux patients ? Se battre pour le maintien de la maternité Saint-Antoine et de l'hôpital Trousseau, c'est se battre pour la démocratie. Car c'est toute la fonction publique et en particulier la fonction publique hospitalière qui est menacée.
Le Pr. Albert Bensman rebondit sur ce point en ajoutant que ce n'est ni le problème du XIIème arrondissement, ni même celui de l'Île-de-France. C'est un problème national fondamental de diminution de l'offre de soin, pour les enfants en particulier. Le directeur général de l'AP-HP à effrontément affirmé que des discussions avec les pédiatres avaient permis de mettre en évidence un surplus de lits ! C'est un mensonge qui s'ajoute au mépris et à la brutalité des prises de décision de restructuration. Il faudrait 100 millions d'euros pour sauver l'hôpital Trousseau. Aujourd'hui le gouvernement lance sa campagne officielle de communication pour défendre le grand emprunt, à 984 millions d'euros, où l'on voit une Marianne, toute de blanc vêtue et pieds nus… enceinte… Où cette Marianne ira-t-elle accoucher, et où fera-t-elle soigner son enfant ? Le professeur a aussi évoqué le soutien bien tardif du député PS Jean-Marie le Guen, membre de la commission des affaires sociales de l'assemblée nationale.
Le Dr Patrick Pelloux, urgentiste au SAMU de Paris rappelle qu'actuellement nous manquons déjà cruellement de place pour l'accueil et l'accès aux soins des femmes en maternité et des enfants dans les services de pédiatrie. Nous ne savons pas où mettre les enfants gravement malades. C'est un scandale de santé publique régi par des décisions purement politiques.
Le Dr Daniel Annequin (porte parole du collectif « pour un nouveau
Trousseau ») soulève également le problème de la formation des personnels médicaux. Car si les restructurations se font, nous manquerons aussi de lieux de
stage pour la formation des internes et des étudiants sage-femme. La pétition « pour un nouveau Trousseau » que l'on peut signer en ligne a déjà récolté 6 000 signatures, sans compter les signatures papiers et les
4 500 témoignages que l'on peut trouver sur le site de facebook. Adresse de la
pétition en ligne :
http://www.mapetition.ch/signatures.php?idsig=CqUzEu2GQDEahQdNKeEZ
Mme Marie-Michèle Blumenthal, maire du XIIème arrondissement, prend à son tour la parole pour soutenir les collectifs et prendre position contre les plans de restructuration. L'hôpital doit être pour tous et pas seulement pour les gens pauvres et les cas graves. « Je défendrai le maintien de la maternité de Saint-Antoine et les services pédiatriques spécialisés de l'hôpital Trousseau. »
M. Patrick Bloche, député de la circonscription à cheval sur le XIème et le XIIème et maire du XIème arrondissement rappelle que les élus se mobilisent pour lutter contre ces plans de restructuration, avec à leur tête le maire de Paris, M. Bertrand Delanoë.
Plusieurs militantes insistent sur le fait que le projet de fermeture de la maternité comporte des atteintes au droit des femmes à disposer de leurs corps en lien avec l'IVG, la contraception…
Plusieurs habitants du quartier prennent la parole pour attirer l'attention sur le fait que la population n'est pas assez au courant de la menace qui pèse sur la maternité Saint-Antoine et l'hôpital Trousseau. Toute la population doit nous rejoindre.
Une représentante du comité de lutte pour la réouverture du planning familial de Tenon a apporté son soutien pour le maintien de la maternité à Saint-Antoine. Des représentants de différents collectifs de défense de l'hôpital public (le collectif « la santé n'est pas une marchandise », la coordination nationale des comités de défense des hôpitaux & maternités de proximité…) sont intervenus pour proposer des actions communes.
Les propositions d'action
La séance se finit par un certain nombre de propositions d'action très concrètes :